J’ai testé les produits connectés pour la forme et la santé

La technologie s'invite de plus en plus dans notre quotidien, y compris pour le suivi de notre santé et de notre forme physique.

Les appareils connectés ne manquent pas : montres connectées de toutes maruqs marques, bracelets, bagues, ceintures thoraciques. Ils se lient à nos téléphones pour nous aider à surveiller notre état de santé.

Mais toutes sont-ils vraiment utiles ? Nous aident-ils réellement à améliorer notre forme ou notre santé ?

Pour me faire un avis éclairé, j'ai décidé d'aller au-delà d'une simple revue : j'en ai testé quelques-uns pendant plusieurs mois.

Voici mon verdict.

Les différents types d’appareils connectés

Le choix ne manque pas pour un appareil connecté. On en trouve sous différentes formes aujourd’hui sur le marché. Voyons les principaux et lesquels j'ai finalement testé pour ce comparatif.

  • La montre connectée : Garmin, Apple Watch, Huawei, montres sous Android… Peu importe la marque, elles proposent toutes des fonctions similaires. Elles s’attachent au poignet et intègrent plusieurs capteurs pour mesurer diverses données physiologiques. Même si elles sont généralement utilisées avec un téléphone, elles peuvent fournir des informations directement.
  • Le bracelet connecté, comme le bracelet Whoop, se porte également au poignet, comme la montre. Il est conçu pour être porté en permanence et suit les données en continu. A la différence de la montre, il se limite aux recueil de données et n'affiche rien directement. Il faut passer par un téléphone pour exploiter les données.
  • La bague connectée, type Oura ou Ultra Human, qui se porte au doigt. Ces bagues sont plus récentes et visent à fournir un suivi discret et constant. Comme pour le bracelet, il faut un téléphone pour lire et exploiter les données.
  • La ceinture thoracique, qui se porte sous les vêtements directement sur la peau. C’est un appareil plus classique, utilisé depuis des décennies, notamment pour un suivi précis de la fréquence cardiaque via des capteurs électriques. Elle se connecte au téléphone, mais aussi à la montre connectée. 

Chacun de ces appareils a ses spécificités, ses avantages et ses limites, que nous allons examiner en détail.

Bague, bracelet et montre connectée : quel choix pour qui ?

La bague connectée

La bague connectée a l’avantage d’être plus discrète que les bracelets ou les montres. Même si elles restent assez épaisses, ressemblant pas mal à des alliances sous stéroïdes.

Certaines marques, telle que Ultrahuman, proposent des kits grauits avec les différentes tailles, en plastique, pour qu'on puisse acheter le bon modèle.

C'est ce que j'ai utilisé pour ce comparatif. Je ne suis pas allé jusqu'à tester un modèle réel.

Cela peut paraitre surprenant d'emblée, puisque cela semble m'empêcher de comparer les données.

Mais en fait non. En fouillant un peu avant d'écrire ce comparatif, j'ai pu vérifier que leur fiabilité était comparable à celle des bracelets. La différence ne se fera pas sur ce point, mais bel et bien sur la praticité à l'usage.

Dans ces conditions, le modèle en plastique me suffisait. Et cela m’a aussi pour décider de ne pas aller plus loin dans le test des bagues.

Tout d'abord, la bague est assez volumineuse. Ce n'est déjà pas très confortable en soi. Mais en plus, pour un entraînement, elle devient gênante, voire dangereuse. Je ne m'imagine pas faire des snatchs avec un kettlebell en portant une grosse bague au doigt : c'est plus qu'inconfortable, cela peut provoquer des blessures.

Nous serons dont obligé de la retirer pour une certaines séances de sport, ce qui casse la continuité du suivi des données et lui retire une bonne partie de son intérêt.

En plus de cela, la bague doit être retirée pour être rechargée sur un support. L'un des intérêts étant le suivi permanent des données, notamment lors du sommeil, c'est ennuyeux. En effet, leur autonomie n'est pas formidable. Si tu oublies de la recharger pendant un jour ou deux, tu peux facilement te retrouver avec des données incomplètes pendant la nuit. Ou bien une absence complète de données si tu dois la retirer pour la recharger avant d'aller dormir !

En bref, si la bague peut être intéressante pour un suivi constant au quotidien, elle est peu adaptée à un entrainement physique demandant de manipuler des poids comme des kettlebells.

Le bracelet connecté

Le bracelet Whoop, que j’ai testé sur plusieurs mois, est aussi conçu pour être porté en permanence. Un peu plus en permanence que les bagues, en fait.

Comparé à une bague, il offre d'ailleurs plusieurs avantages.

Il est facile à porter et se fait facilement oublier. Pour les entraînements où la montre (ou la bague) est gênante, lui ne pose pas de problème. Lors de sessions de snatches, il m'a suffi de le retourner pour ne pas entraver le mouvement du kettlebell.

Un autre point positif est le système de recharge. Le bracelet ne se recharge pas directement. On alimente d'abord un chargeur externe. Une fois ce chargeur externe alimenté, on le glisse sur le bracelet et celui-ci se charge. l'avantage : on peut continuer à porter le bracelet. puis le bracelet est simplement posé dessus. Cela permet de continuer à le porter presque tout le temps.

On a donc un suivi vraiment continu. Le bracelet collecte des données en permanence, pendant le sommeil et les activités : fréquence cardiaque, température cutanée, saturation en oxygène périphérique, variabilité de la fréquence cardiaque...

Cependant, j'ai observé quelques limitations.

D'abord, l'autonomie. Annoncée pour presque une semaine, elle s'est révélée en pratique plutôt de trois jours, ce qui oblige à recharger fréquemment. Notons que j'ai testé la version 4. La version 5.0 est annoncée avec une autonomie doublée de 14 jours.

Enfin, la précision des mesures. Si pour des activités d'endurance, il s'est révélé assez proche de ce que mesurait une ceinture thoracique, le bracelet perdait en précision lors d’activités sportives intenses avec des variations rapides de la fréquence cardiaque. Lors de sessions de snatches, il ne montait pas aussi haut que la réalité, et il y avait un décalage dans les courbes.

Ce n'est pas une catastrophe pour des activités d'endurance ou des fractionnés. C'est plus embêtant pour un suivi précis de protocoles anti-glycolitiques.

La montre connectée

Les montres connectées sont aujourd'hui très populaires.

D'un point de vue pratique, elles présentent les mêmes inconvénients que la bague et ne peuvent pas vraiment être utilisées lors de certaines activités, comme le travail avec kettlebell.

Elles ont l'avantage d'être polyvalentes. Ce sont avant tout des montres, qui donnent l'heure !

Au niveau des fonctionnalités, la plupart offrent désormais pas mal de mesure, entre la fréquence cardiaque, le suivi du sommeil, la saturation périphérique en oxygène...

Pour le suivi de la fréquence cardiaque au repos ou lors d’activités de faible intensité, la montre s'est révélée assez précise. J'ai utilisé lors de ce comparatif longue durée une Garmin 2 (et j'ai depuis la Garmin Fenix 8), mais à peu près toutes les montres que j'ai pu tester étaient assez similaires au niveau des mesures.

Dès que l’effort devient plus intense avec des variations rapides, la précision chute considérablement, comme observé avec le bracelet Whoop.

En ce qui concerne l'autonomie, un facteur important pour moi, elles l'emportaient sur les autres outils. La garmin Venu tenait une bonne semaine. La Fenix 8 tient même quasiment deux semaines.

A notre que l'autonomie est très variable selon les marques et les modèles. A mes yeux, une montre qu'il faut charger tous les jours perd de l'intérêt. Surtout si on veut aussi suivre son sommeil...

La ceinture thoracique

La ceinture thoracique est un appareil beaucoup plus ancien, mais toujours très pertinent pour le suivi précis de la fréquence cardiaque. Elle se porte directement sur la peau sous les vêtements et utilise des capteurs électriques pour capter les impulsions cardiaques.

Cela reste la référence pour une mesure précise.

La précision est maximale. Alors que lescapteurs optiques des bracelets ou montres détectent la fréquence indirectement, sur les capillaires des poignets ou doigts, la ceinture détecte directement les signaux électriques du cœur. C'est la fiabilité ultime pour des mesures très précises.

Dans les limites, évidemment, il y a l'usage qui est ciblé. On ne la porte pas toute la journée, mais uniquement lors des séances d’entraînement où un suivi précis est nécessaire.

Un avantage toutefois : elles sont compatibles avec la plupart des montres connectées, pour afficher les données en temps réel. On combine ainsi précision et confort d’utilisation.

Personnellement, j’utilise la ceinture pour les séances de course, de swings ou de snatchs. C’est l’outil de choix lorsque la précision est essentielle.

La fiabilité des mesures

Fréquence cardiaque au repos et variabilité de la fréquence cardiaque

La fréquence cardiaque au repos est une mesure relativement simple à mesurer avec des capteurs optiques. Dans ce cadre, montres, bracelets et probablement bagues fournissent des données correctes.

En revanche, la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), un indicateur clé de la santé et du stress, est beaucoup plus difficile à mesurer avec précision via ces appareils. Les capteurs optiques ne sont pas assez fiables pour cela, et les valeurs affichées sont souvent éloignées de la réalité.

La ceinture thoracique, grâce à ses capteurs électriques, reste à ce jour la seule solution précise pour une mesure fiable de la VFC. Ce sont ces mesures que j'ai utilisé comme étalon pour la VFC. Ma Garmin Venu 2 ne mesurait pas la VFC. Le bracelet Whoop s'est avéré très éloigné des bonnes valeurs.

Rajout : depuis la première version de cette revue, j'ai testé la Garmin Fenix 8, qui s'est avérée étonnamment proche des valeurs de la ceinture thoracique pour la mesure de la VFC. Pas mal pour un capteur optique !

Mesures lors d’activités physiques intenses

Lors d’efforts sportifs intenses, où la fréquence cardiaque peut osciller rapidement, les capteurs optiques des bracelets et montres montrent leurs limites. Par exemple, lors d’une session de snatchs suivis de récupérations courtes, le bracelet Whoop n’a pas su suivre les pics de fréquence cardiaque, donnant des valeurs erronées.

Cette imprécision rend ces appareils peu utiles pour le suivi des performances sportives et la gestion fine des zones d’entraînement.

Le suivi du sommeil

Un des usages les plus vendus des objets connectés est le suivi du sommeil. En effet, pour les personnes ayant des difficultés de sommeil, ces appareils fournissent un suivi continu, avec des données sur les phases de sommeil, la qualité générale, les réveils, etc.

Les applications associées permettent souvent d’indiquer ses habitudes quotidiennes (alimentation, hydratation, activité physique) et d’observer leur influence sur la qualité du sommeil. Cela peut être un outil précieux pour mieux comprendre ses rythmes et ajuster son mode de vie.

J'ai malgré tout un gros doute sur la qualité des mesures. Chaque outil a son évaluateur de sommeil, sans que l'on sache vraiment comment c'est mesuré. Il est difficile de savoir si ces données sont scientifiquement fiables.

Pour une personne ayant un sommeil déjà correct,  le suivi quotidien devient rapidement une contrainte, répétitive et peu informative. Au bout de quelques jours, j'en avait déjà assez. Je n'ai continué que pour mener au moins quelques semaines de test sur ce point.

Enfin, et c'est mon plus grand grief, on tombe vite dans la techno-dépendance. J'ai vite pensé que ce suivi permanent quotidien pouvait pousser à une obsession des données, ce qui peut paradoxalement nuire au bien-être. Soit l'opposé du but recherché. Cette opinion m'a été partagée par plusieurs autres personnes qui ont fini par abandonner ces outils.

Pour qui est utile le suivi du sommeil connecté ?

Malgré le risque de techno-dépendance, je continue de recommander ces outils connectés pour le suivi du sommeil, mais dans des contextes précis.

Cela me parait un excellent outil pour les personnes souffrant de troubles du sommeil, qui cherchent à comprendre leurs habitudes et l'influence sur leur sommeil. Elles peuvent tester des changements de mode de vie et observer leur impact de manière objective. Pour éviter la techno-dépendance, il faut toutefois décider dès le début que c'est pour une période limitée, par exemple un trimestre, pour corriger des problèmes spécifiques.

Au-delà, il est préférable de revenir à des méthodes plus simples et moins intrusives.

Limites pratiques

La gestion des données

Un autre point qui m’a frustré est la difficulté à récupérer les données brutes pour un traitement personnel. Exporter les informations en format CSV, par exemple pour analyser dans Excel, est souvent une mission quasi impossible avec ces dispositifs.

Cela limite la possibilité de faire un suivi personnalisé et approfondi, ce qui est dommage pour les utilisateurs avancés souhaitant exploiter pleinement leurs données.

Le coût et les abonnements

La plupart de ces appareils fonctionnent avec un modèle économique à double tranchant :

  • Le coût initial d’achat peut être élevé.
  • Un abonnement mensuel ou annuel est souvent nécessaire pour accéder à toutes les fonctionnalités et analyses avancées.

Pour la majorité des utilisateurs, un abonnement annuel n’est pas justifié, surtout si l’utilisation s’étale sur le long terme sans réel bénéfice.

Utiliser les bons outils selon les besoins

Voici mes conseils selon ta situation :

  1. Pour un suivi sportif précis :  choisis la ceinture thoracique, notamment pour les activités intenses.
  2. Pour un suivi du sommeil et des habitudes sur une période limitée : un bracelet ou une bague connectée peut être utile, à condition de comprendre que c'est pour une période limitée, définie dès le début.
  3. Pour un suivi général, simple et économique : une montre connectée basique suffit, associée à un suivi manuel des habitudes.
  4. Pour ceux qui n’ont pas de besoins spécifiques : suivre un programme et s’écouter reste la meilleure option. En effet, noter ses habitudes sur un carnet ou dans une application simple, sans chercher à tout automatiser, permet des résultats et évite une surcharge d’informations.

Conclusion : vers un usage raisonné des produits connectés

Après plusieurs mois de tests, mon avis est clair : les objets connectés comme les bracelets, bagues et montres ne sont pas des solutions miracles pour améliorer durablement la forme ou la santé.

Ils apportent parfois une aide ponctuelle, notamment pour le suivi du sommeil et pour accompagner un changement d’habitudes. Mais ils ne remplacent pas les outils classiques, fiables et précis, comme la ceinture thoracique pour la mesure du rythme cardiaque.

De plus, ces technologies peuvent générer une charge mentale supplémentaire et une dépendance inutile aux données. Il est important de les utiliser avec discernement, pour une période limitée et dans un cadre bien défini.

En résumé :

  • Ne te laisse pas séduire par la promesse d’un suivi permanent et sans effort.
  • Privilégie la qualité et la précision des mesures plutôt que la quantité.
  • Utilise ces outils comme des aides temporaires, pas comme des béquilles permanentes.
  • Reviens toujours aux bases : écoute ton corps, suis un programme adapté et garde du recul sur les données.

Pour ma part, je continue à recommander la ceinture thoracique pour un suivi sportif sérieux et la montre connectée pour un suivi général simple. Quant aux bracelets et bagues, ils restent des gadgets intéressants mais à utiliser pour une période limitée, avec un objectif précis bien défini.

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About the author 

jef

Jean-François "jef" Lopez accompagne depuis 2016 des cadres et dirigeants occupés sur le chemin de la forme durable.
Ancien sportif autour de la vingtaine, devenu gros, faible et complètement hors de forme autour de la trentaine, Jean-François a décidé de réagir et de retrouver la forme.
Lors de cette quête, il a été amené à changer son approche de la remise en forme.
De nombreuses rencontres avec les meilleurs instructeurs de la planète, dont Pavel Tsatsouline, l'ont en effet convaincu que le paradigme de la souffrance et de l'effort démesuré n'était pas le plus adapté pour durer. C'est comme cela qu'est né le concept de "forme durable".
En plus de son expérience personnelle, Il se forme continuellement, et est ainsi devenu instructeur certifié StrongFirst Elite (SFG2, SFB, SFL), spécialiste du mouvement fonctionnel et de la souplesse (FMS2, FCS, YBT, Flexible steel niveau 2), expert en respiration (instructeur avancé Oxygen advantage, praticien Buteyko) et coach en nutrition (PN).
Il est également détenteur d'une certification d'entraîneur personnel (ACE-PT, accrédité par la NCCA) et inscrit au registre européen des professionnels du sport EREPS.

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